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EVOLUTION ACTUELLE des APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES : Analyse et réflexion en ce début 2013

vendredi 22 février 2013, par Valia Ouvrier

Réflexions d’un « vieux photographe » inspirées par le dernier numéro du Monde De La Photo (N°53 de Mars 2013) sur l’ EVOLUTION ACTUELLE des APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES

Introduction.

En couverture du dernier numéro du Monde De La Photo (N°53 de Mars 2013), en gros titre on peut lire :
« FUJIFILM X100s et X20 feront-ils mieux que leurs glorieux ainés ? »

Le sous-titre est intéressant : les « glorieux » ainés sont sortis ils y a 2 ans. Comment ont-ils pu devenir glorieux en si peu de temps ?
Il y a bien sûr du procédé de presse dans ce bombardement au titre de « glorieux » de deux appareils, intéressants à plus d’un titre, certes, mais probablement moins vendus que le K-5, boitiers moins révolutionnaire, certes, moins glamour, certes, moins vintage, certes...
Le contenu du numéro donne
5 pages aux deux Fujifilm,
36 pages au 5D MarkIII 36 pages de photos faites aux USA - somptueuses techniquement, mais sans aucune poésie - au passage on peut se dire qu’il aurait probablement été plus difficile de faire des photos aussi impressionnantes en région parisienne qu’aux USA, mais peut-être que le voyage n’a pas été pris en charge par Canon ? J’ai certainement mauvais esprit.
Mais les photos sont vraiment somptueuses, ce qui prouve que l’appareil n’avait pas besoin de cette astuce...
19 pages aux tests des 6D, D5200, EOS M (hybride), Nikon 1 V2 et Sony RX1.

Panorama large et symbolique auquel il faut ajouter que le N°51 avait consacré 16 pages sur la vidéo du même 5D Mark III. Un tel boitier les mérite bien. C’est probablement en train de devenir le boitier pro le plus vendu au monde et à ce titre un des boitiers les plus vendus. Ce qui mérite bien 52 pages.

Réflexions.

Il se trouve que j’ai passé la soirée du samedi 2 février avec des amis photographes : autour de la table il y avait 3 Canon 5D, 1 Mark I, 1 Mark II, I Mark III et 2 Pentax K-5. Le propriétaire du Mark III est photographe-reporter professionnel free lance.
Il revenait de Syrie. Il travaille avec 2 boitiers 5D Mark III équipés. Il ne nous a pas fait l’article, il a commencé avec un boitier puis en a acheté un second, cela se passe de tout commentaire. Il nous a simplement dit qu’il en avait eu pour 10 000€. J’ai pu constater que cet appareil, bien monté, est une véritable arme de combat.
Voilà pour le contexte immédiat.

Le contexte large, c’est celui de notre époque de « communication » instantanée, de consommation à flux tendu, sans laquelle notre économie s’écroulerait, de progrès en constante évolution, sans lequel il n’y aurait point de salut, de survie... nous dit-on.
La marque qui ne sort pas un ou plusieurs appareils nouveaux chaque année est « morte ».
Suivez mon regard.
Je ne vais pas faire d’idéologie, mais force est de constater que nous vivons une époque de « Vive les Riches ! » (et « mort aux pauvres ! ») Il suffit de regarder le marché des automobiles et celui des appareils photos pour se le rappeler si on l’avait oublié.

L’affirmation que les prix baissent est un leurre, bien commode pour certains. Les prix officiels sont évidemment affichés au dessus de ce qu’ils sont prévus d’être deux mois après. Ce n’est d’ailleurs pas forcément choquant. La technique sophistiquée a un prix, la miniaturisation aussi.
Le 5d Mark III est un outil fantastique, les Fujifilm X100s aussi visiblement, le Sony RX1 et les K-5, K-5 II et K-5 IIs également.
Ils ne permettent pas de faire les mêmes photographies. Et ne coûtent pas le même prix.

Le 5D MarkIII coûte 4000€, le Fuji X100s 1000€, le Sony RX1 3000€ le K-5 IIs 1100€. Aucun de ces 4 appareils n’est comparable à l’autre, sauf sur un point : ils sont tous chers.
Dans le même temps, ce qui est indéniable, c’est que les appareils compacts, simples mais efficaces, les smartphones évolués délivrent des images dont la qualité technique basique (lumière,MAP et piqué) n’a pas grand chose à voir avec celle des photos obtenues avec les appareils bon marché d’il y a 30 ans. Sur ce point, le progrès est évident.
J’aurais tendance à dire : sur ce point, mais sur ce point seulement.

Pour le reste, l’évolution technique qui a vu disparaître des solutions efficaces, mais lourdes et chères, cherche à les remplacer par d’autres solutions techniques, moins chères et mais pas forcément plus pratiques.
Je pense aux viseurs interchangeables, privilège des boitiers très haut de gamme ; en 1980 il y en avait 3 : le Canon New F1, le Nikon F3 et le Pentax LX !
Viseurs que l’on remplace maintenant par les écrans mobiles, avec leurs avantages (un seul écran au lieu de plusieurs viseurs) et leurs inconvénients (fragilité, visibilité mauvaise par grande lumière, consommation d’énergie), mais on progresse, tout le monde peut avoir (ou prétendre avoir) ce que seuls possédaient les happy fews des années 80.

Les appareils reflex sont lourds et chers, c’est connu ... et c’est vrai. On est passé à l’APS, c’est plus petit, plus léger, moins cher. Mais moins bon.
Donc 15 après on revient au 24x36, métamorphosé en FF, « nouveau » donc meilleur.
Mais c’est lourd et cher...
On revient donc au viseur télémétrique, pardon au vintage. Ce n’est plus ringard, c’est tendance et .. délicieux. Comme ça ressemble à un Leica, ça peut être cher...

On arrive au bout de la quadrature du cercle. Faire avec des hybrides ce que l’on avait jamais réussi auparavant : des appareils compacts qui permettent de tout faire avec un appareil léger qui tient dans la poche.
Tout dans la poche ! Enfin jusqu’à 70mm, parce qu’avec un capteur « FF » au dessus de 70mm ça ne rentre plus dans la poche...

L’évolution des capteurs s’accélère. Sigma et Sony recherchent des solutions qui permettraient de dépasser la matrice de Bayer « traditionnelle » qui arrive au bout de ses possibilités.
En fait nous sommes en train de voir se répéter, en beaucoup moins de temps, l’évolution des pellicules entre 1930 et 1990. Avec les fantastiques possibilité du numérique, tant à la prise de vue (comparer 10 rouleaux de 36 poses et 1 carte SD de 8/16/32 Go suffit à se convaincre, sans même faire le test du chargement), qu’ au labo...
Pour la photo grand public l’évolution positive est éblouissante.
Sur ce plan là il n’y a pas photo.

Pour le reste le panorama est plus contrasté...

2 Messages

  • Cet article est pertinent. Heureusement il me semble qu’aujourd’hui, grâce au numérique on a un choix intéressant si on aime la photographie. Mais un choix très difficile à faire.
    L’évolution a été considérable au niveau matériel, mais il y a une autre évolution tout aussi importante : l’utilisateur. L’acte de photographier n’a plus le même sens. Il y a quelques décennies on avait le choix entre 3 types d’appareils pour amateurs :
    - les petites boites genre instamatic ou appareils jetables destinés au personnes qui ne s’intéressent pas à la photographie mais à la photo souvenir.
    - les compacts (il y en avait d’ailleurs d’excellents sans aller jusqu’au Leica) destinés aux amateurs photo.
    - les reflex ou les grands formats pour les passionnés de technique.
    Bien sûr il y avait des gens qui achetaient un reflex et qui ne savait pas ce qu’était une ouverture ou une distance focale, mais ils étaient très peu nombreux ... On était obligé de connaitre les bases de la photographie pour se servir d’un reflex.
    Aujourd’hui le choix est très compliqué pour les gens qui ne s’intéressent pas à la technique. La technologie a fait croire qu’il est facile de capturer une bonne image. Les gens on oubliés que ce n’est pas l’appareil qui prend la photo mais la personne qui appui sur le déclencheur (j’ai failli écrire le "couillon" qui appui sur le déclencheur
    Dans les années 70 tout les gens que je connaissait et qui possédaient un appareil évolué connaissaient un minimum de technique de prise de vue et souvent de développement et de tirage. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Normal pour le développement et le tirage on n’en a plus besoin me répondra t’on, peut être mais on a besoin de quand même de traiter son fichier raw. Combien d’amateurs traitent leur fichier raw ? Pas beaucoup il me semble. Ca me semble bien dommage...
    Un autre aspect est qu’aujourd’hui l’amateur "éclairé" l’est par des revues qui me semblent souvent "stupides". Il n’y a que de la technique de bazar. De la technique rabâchée à longueur de numéro qui montre que beaucoup de photographes ne la comprennent pas et ne sont donc pas libérés de cette foutue technique. Inutile de leur demander de produire une image originale. Sans citer de nom je suis effaré par la tristesse des principales revues photos. Plus de revue comme "zoom" ou tous les aspects , artistiques, techniques , humains de la photo était abordés, quel était le sous titre de la revue zoom : "la revue de l’image". On a aussi oublié qu’un appareil photo sert à produire non seulement une image mais aussi transmettre une émotion. L’aspect artistique de la photo est bien malmené par ces revues.
    Les fabricant de matériel ont bien compris cette évolution du marché. c’est pourquoi certains vendent des bijoux technologiques totalement inadaptés à l’amateur : le boitier reflex le plus vendu est un appareil reflex à moins de 1000 euros, cvertes trés riche en fonctionnalités mais qui contient malheureusement aussi :
    - une fonction vidéo toujours médiocre sur certains points
    - un écran orientable dont je ne comprend pas l’utilité hors vidéo
    - du "live view"
    - un viseur mauvais qui ne permet pas de faire une mise au point manuelle, surtout avec l’optique standard.
    - un zoom trans-standard médiocre qui produit des images médiocres certes corrigeables en partie par le logiciel de l’appareil ou sur ordinateur.
    - un boitier en plastique. (oui je sais, c’est écrit en ’polycarbonate" sur les revues, n’empêche que c’est du plastique, ça se déforme à la chaleur, c’est léger et être trop léger est un défaut pour moi .
    En outre j’ai malheureusement constatés avec des marques leader du marché, de la faible durée de vie de l’électronique.
    Bref ce sont des appareil avec des fonctions magnifiques et d’autres très médiocre. J’ai toujours appris que la solidité d’une chaine est définie par le maillon le plus faible.
    J’ai été sidéré (même chez Pentax qui est moins mauvais que les autres sur beaucoup de plan) d’avoir à acheter un reflex avec son mauvais zoom car, par le biais des promotions c’était moins cher que le boitier nu. J’ai donc un appareil avec un zoom dont je ne me sert pas...
    En fait la plus grosse évolution en dehors de la technique , est qu’à travers le marketing de quelques constructeurs et la presse spécialisée, on se fout beaucoup plus de notre gueule aujourd’hui.

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  • En fait, on pourrait résumer la situation actuelle par une boutade :
    "Autrefois on achetait des appareils à objectifs interchangeables,
    désormais on achète des objectifs à appareils interchangeables."

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